Parce que c'est comme ça !

Le projet « des Camargues et des Hommes » est ainsi entré en prison. Des Camargues car leur environnement naturel en liberté dans les marais et non dans des box, n’engendre que très peu de restrictions comportementales (Marthe Kyley-Worthington, « Le comportement des chevaux et thèse des conséquences directes sur les séances de thérapie avec le cheval »).

Des hommes pour ainsi retrouver un statut social loin des montres, tueur aux mains nues, routard du crime, l’ogre des Ardennes, le tueur des trains, Pierrot le fou, etc.

Lors de ce travail en alternance avec des entretiens, individuels et collectifs, nous accompagnons les détenus à travailler sur leurs émotions. La peur, la frustration, la colère, peuvent être raisonnables si on sait comment travailler avec elles. Le message qui se cache derrière les émotions peut être ainsi retravaillé entre la personne détenue et l’intervenant. La prison ici peut punir mais aussi soigner. 

Mme PIERARD, Présidente de l’association nationale des juges d’application des peines évoque : « […] si le détenu utilise activement sa détention pour sa réinsertion parce que la société est mieux protégée, si le délinquant revient dans la communauté de façon préparée et contrôlée ».

Nous parlerons ici de réhabilitation psychosociale, « retrouver l’estime de soi ».

Le témoignage de M. X suite à une séance est éloquent : « J’ai pleuré ce jour-là. Avant j’étais froid, sans sentiments. Je me serais de tout sans rien ressentir, même en tuant. Ce jour était merveilleux. Ca faisait 23 ans que l’on ne m’avait pas donné de l’amour, 23 ans à l’isolement sans parler à personne alors qu’ici avec vous, les chevaux… ».

Aujourd’hui M. X est en détention normale et ceci malgré ses difficultés.

Renouer avec ses émotions, pleurer pour la première fois depuis 23 ans, ressentir de l’amour sont autant d’alliés pour guider M. X vers une réhabilitation, sa réhabilitation.

Le cheval intervient au sens de « venir entre », entre la personne détenue et l’institution.